Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

26 avril 2017

Qui décide qui est républicain et qui ne l'est pas ?

Je suis un profond humaniste et je crois à cette valeur de la République qui est la Fraternité. Mais celle-ci ne saurait exister sans la Liberté et la négation de l'Egalité.

Pour moi, la Révolution a engendré la République pour que le vote de chaque citoyen soit égal à celui de son voisin. Je ne me résous donc pas à considérer les extrêmes comme hors de la République car si le Front National ou le Front de Gauche étaient non républicain pour la première et dictatorial pour la seconde, les dits républicains auraient du les interdire.

C'est pour cela que je pense profondément que parler de front républicain pour ostraciser 21% de français nationalistes en englobant les 19,58 de français insoumis qui ont voté dimanche pour les Fronts est une erreur d'analyse.

J'écrivais dès dimanche soir sur mon compte Facebook que la Droite et la Gauche s'extrémisent, faisant reculer les partis politiques. Oui, avec ses 24%, En Marche est faible, bien qu'en tête des élections, parce que coincée entre les nationalistes d'un côté, la droite radicale à l'arrière et la gauche radicale de l'autre côté. Et avec ses 21%, Le Pen est dans la même situation avec les Macronistes, la Droite dite classique et la Gauche insoumise et frondeuse.

Dans ces conditions, ni Macron ni Le Pen ne pourront avoir une majorité absolue à l'Assemblée en juin. Au pire c'est le retour à la quatrième pour une transformation de la cinquième République, au mieux des majorités de circonstances qui font remodeler le paysage partisan entre les partis dits de gouvernements d'un côté et de l'autre des radicaux de tous bords (nationalistes, insoumis, frondeurs, LR et centristes droitiers).

Le paradoxe, c'est que personne ne veut voir que Le Pen (Fillon étant devenu inaudible) et Mélenchon (Hamon étant devenu inaudible) ont été les deux seuls idéologues de cette campagne : un chef qui s'impose, un discours que l'on comprend, une philosophie que l'on explique et un projet qui dérange. Ils ont été ce que les citoyens recherchent : leur parler leur langage, leur quotidien en les faisant rêver quitte à être politiquement incorrects!

Les adeptes de la mollesse démocratique se sont souvent auto-congratulés pour leur politique sans passion, basée sur des réalités comptables en faisant croire qu'ils parlent à l'intelligence du peuple. Les élections du premier tour des présidentielles a révélé une constante : les vainqueurs dimanche ont été les électeurs qui ne veulent plus de la politique aseptisée et ont voté Le Pen, Mélenchon, et les petits candidats.

J'ai toujours cru au retour nécessaire de la vraie et dure confrontation idéologique : droite contre gauche, extrême droite contre extrême gauche, républicains contre monarchistes ou bonapartistes, conservateurs contre libéraux, souverainistes contre mondialistes... Le problème est que les élites et les médias nous ont convaincu que tout le monde pouvait travailler ensemble, que les invectives et les grandes idéologies doivent mourir sans se rendre compte que dans leur coeur et leur réflexion les électeurs pensent puis font exactement le contraire.

C'est pour cela que, avec ou sans front républicain, les électeurs feront exploser encore la pensée unique le 7 mai en faisant passer Le Pen au dessus de la barre des 40%. Peut-elle gagner? Difficile, mais elle aura réussi le pari fou de créer une France idéologiquement coupée en trois : nationalistes contre déterministes (ceux qui se focalisent contre elle sans liens cohérents) et abstentionnistes (comment certains analysent-ils le fait que lors de nos confrontations idéologiques à Saint-Louis, la droite et la gauche réussissaient à déplacer les électeurs à concurrence de 81% au premier tour d'une municipale, et qu'aujourd'hui cette même ville bat les records d'abstentionnistes sur le Département ?).

Macron, s'il est élu, ne fera pas mieux que d'avoir une majorité très relative qui va faire de lui un négociateur de politique intérieur plutôt que le réformateur qu'il veut incarner. Lui, il aura réussi le pari insensé de créer quatre blocs difficilement réconciliables, sauf en brandissant la menace Le Pen : macronistes, droite, gauche insoumise et socialistes radicaux.

Cela ne crée pas des majorités et une stabilité républicaine. C'est pour cela que le seul front républicain que je connaisse, c'est d'inciter les citoyens à voter mais de les laisser exprimer leur libre choix. C'est à partir de ces choix que chacun devra ensuite, en tant qu'acteur et analyste, inventer un nouvel avenir avec des vrais socles idéologiques.

Car soyons raisonnables : tous les partis sont républicains. Sinon on les interdit et on crée par la loi les bases des nouvelles idéologies! Mais nous irions, là aussi, vers une certaine forme de Dictature...

Les commentaires sont fermés.