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27 mars 2017

Analyse de la situation politique de Saint-Louis avec de possibles élections en 2018

Depuis plusieurs jours, beaucoup de citoyens et d'élus me sollicitent pour que je donne ma position sur la création de La Commune. Etant très souvent hors Département, je me permets de faire une analyse politique sommaire. 
 

Le Préfet a pris, à son corps défendant semble-t-il, un acte créateur de droit qui contient trois fragilités juridiques :


- la première est que l'acte est né à la demande expresse du pouvoir politique avec comme conséquence directe de mettre fin avant terme au mandat des élus politiquement opposés à ce pouvoir politique, ce qui peut apparaître comme une sanction politique, donc d'un excès/abus de pouvoir, car cette création au 1er janvier 2018 n'a été demandée par aucune majorité ni n'est consignée dans aucun document générateur de droit
 
- la seconde est que cette anticipation sur le calendrier électoral normal n'est justifiée juridiquement par aucune urgence, car rien n'interdisait que cette décision s'applique au 1er janvier 2020
 
- la dernière est que cette décision est conditionnée dans son application définitive par un autre arrêté posant la répartition des biens, du personnel et des dettes.
 
Les élus et les citoyens peuvent donc contester :
 
- administrativement (lettre de demande de rendez-vous au Préfet pour exiger la modification de l'arrêté au 1er janvier 2020 pour les élus ou pétition pour les citoyens),
- juridiquement (recours devant le Tribunal Administratif, voire le Conseil d'Etat, en développant les 2 premiers points)
- et politiquement (en perturbant, freinant, biaisant - surtout le personnel - ou en boycottant les commissions adhoc, ce qui contrarierait le troisième point)
 
Sur le plan politique, cet acte est générateur de difficultés importantes pour la majorité :
 
- l'opposition connaissait le calendrier avant la majorité, ce qui lui a permis de s'organiser et de diffuser le message à ses militants avant (l'opposition agit, la majorité réagit car celui qui détient l'information détient le pouvoir, surtout d'anticiper)
 
- les deux communes peuvent basculer à gauche et c'est exactement le but inavoué du choix d'élections en 2018 : au vu du nombre de candidatures, il faudra que les listes de la majorité fassent respectivement au mois 45% au premier tour à La Rivière ou à Saint-Louis, avec au moins 15% d'avance sur le second. A défaut, les oppositions vont s'unir au second tour afin d'essayer de saisir l'opportunité de l'alternance
 
- si les deux communes basculent à gauche (au mieux l'une des deux), l'instabilité s'installent à la Civis, fragilisant la position de Michel Fontaine dès 2018 et l'éliminant de la Présidence en 2020 puisque le Tampon deviendrait de facto la ville centre (population en augmentation) ou centrale
 
- Saint Louis va retomber, pendant cette année, dans une rivalité exacerbée tant dans les quartiers que dans les services communaux : il sera compliqué de maintenir l'équilibre au vu de l'a distance installée entre certains élus et la population en général
 
- la mobilisation militante va être compliquée pour la majorité municipale car depuis trois ans, tout le monde s'est sacrifié pour pouvoir commencer à bénéficier du travail de redressement à compter de 2018. Or, le fait de voter en mars 2018 va en décourager certains et va ouvrir une période d'indécision et de tensions dont essaiera de profiter les oppositions en mobilisant par des promesses inconsidérées.
 
Sur le plan socio-politique, Saint-Louis va vivre une période de tensions difficilement maîtrisables :
 
- les agents non titulaires (seuls, regroupés ou par le biais des syndicats) vont vouloir exiger légitimement une titularisation avant le 1er janvier 2018. Ne pas répondre serait un facteur de violences et de haine, accéder à la demande sera un bras de fer avec l'Etat, refuser la demande est un suicide politique dans lequel s'engouffrera Claude Hoarau qui aura beau jeu de dire que lui a pu faire
 
- les agents titulaires à 50 et 80% peuvent céder aux sirènes de l'opposition qui va leur promettre le passage à 100% s'ils font campagne pour elle. S'ils acceptent, ils vont faire du sabotage et de l'agitation propagande en interne
 
- en externe, l'absence de leader charismatique (à droite comme à gauche) va engendrer des discours populistes et démagogiques de candidats venus de nulle part, sans fonds idéologiques, qui vont va renforcer de nouvelles haines et de la frustration avant, pendant et après les élections partielles.
 
En conclusion, les Saint-Louisiens et les Riviérois devront choisir entre : 
 
- accepter des élections partielles en 2018, assumer la réduction du mandat en cours (alors que ce n'était pas l'engagement initial des élus actuels avec la population), risquer de fragiliser les familles politiques traditionnelles et surtout être sûrs de se retrouver avec un nouveau déficit en 2021 (en effet, quelque soit les nouveaux élus en 2018, ils vont tout faire pour assurer leur réélection en 2020, donc vont dépenser et embaucher à outrance entre 2018 et 2020 : le déficit, comme en 2009, ne se verra qu'au compte administratif 2020, donc en juin 2021, après les élections de mars 2020!)
 
- refuser ces élections partielles, assumer en allant en conflit avec les élus qui souhaitent ces élections en 2018 et contraindre les services de l'Etat à revoir sa copie. C'est à dire accepter la création de la Commune de La Rivière mais refuser que l'on vote en 2018 pour attendre les élections générales de mars 2020.
 
Certains auront beau jeu de dire que je fais cette analyse parce que je ne suis pas éligible en 2018 : mais l'enjeu dépassant ma modeste personne, ma situation personnelle n'intéresse personne. Il faut regarder les éléments objectifs et me contredire sur le fond et non sur des sentiments personnels.

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