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12 janvier 2017

Un Multiplexe à Saint-Louis ET à Saint-Pierre ? C’est possible et souhaitable !

Un film qui dure douze ans, c’est impossible ? Et pourtant, La Réunion a été capable d’en réaliser un. Mais s’il y a des films intéressants, passionnants même, celui dont le suspense n’en finit pas ne fait que lasser et exaspérer ! Le film sur la création d’un Multiplexe de cinémas dans le Sud est devenu un mauvais film, tant les rebondissements sont puérils et indignes de l’attente du public du Sud.

Je me permets donc, en tant qu’ancien maire et actuel citoyen engagé, de proposer aux acteurs (les maires de Saint-Pierre et de Saint-Louis, la DRAC et la DEAL via le Sous-Préfet de Saint-Pierre) et producteurs (Mauréfilms, Investissements et Commerce, Société Foncière de la Plaine) de ce film sans fin la possibilité de sortir de leur impasse.

Un historique nécessaire

Le projet de complexe cinématographique dans le Sud est né en deux temps dans mon bureau lorsque je fus élu maire de Saint-Louis :

  • En 2001, je tiens une promesse électorale et signe avec Mauréfilms un bail commercial afin qu’il ré-ouvre le cinéma « Le Plaza » à Saint-Louis. La commune étant propriétaire du bâtiment, nous avons organisé la collaboration afin que Saint-Louis dispose d’une salle avec le plus grand écran de l’île et la possibilité d’avoir des spectacles vivants ou du cinéma à thèmes selon les besoins communaux.
  • En 2002-2003, nous accompagnons la Société Foncière de la Plaine (SFP), l’un des plus gros propriétaires de foncier constructible sur la Commune, pour créer d’une part sa ZI en face de l’Usine et d’autre part la « ZAC de l’Entrée de ville », avec comme objectifs affichés d’implanter sur cette dernière un certain nombre d’activités de services comme la nouvelle gendarmerie, la délocalisation de l’école catholique, la création d’un collège privé et des entreprises non concurrentielles à celles du centre-ville.
  • En 2004, l’objectif de remettre Saint-Louis dans le circuit de l’offre cinématographique ayant été atteint, un projet d’un multiplexe de 9 salles naît dans la ZAC de l’entrée de ville (au Gol), associant Mauréfilms et la Société Foncière de la Plaine. Ce projet est validé en CDAC, à la Préfecture de Saint-Denis, en ma présence et avec l’accord des maires du Sud de l’époque, toutes sensibilités politiques confondues.

Le projet du multiplexe de Saint-Louis, dont le permis de construire était déposé et acquis, capota malheureusement avec l’arrivée de la Société Investissements et Commerce. Ce concurrent de Mauréfims déposa un autre projet, même si c’était dans la précipitation puisqu’il ne maîtrisait pas encore le foncier communal à la ZAC Canabady.

Suivant une logique économique et concurrentielle, la CDAC valida aussi le nouveau projet. Deux projets validés pour le Sud, c’était inespéré. Mais contre toute attente, il y eut recours auprès de la Commission Nationale pour faire annuler la (les) décision (s) de la CDAC.

Cette situation ubuesque a eu pour conséquence, en ma présence et en celle du maire de Saint-Pierre qui prit l’orientation de soutenir le projet saint-pierrois, une décision rapide et étrange de la CNAC à Paris : les projets de Saint-Louis et de Saint-Pierre ne furent plus validés au motif que deux projets de cette dimension dans le Sud n’étaient économiquement pas viables et contraires à un aménagement équilibré du territoire !

Je fus outré et révolté contre cette décision parisienne qui n’avait aucun sens économique, social et politique sur une zone de vie abritant 40% de la population : pour moi, 2 projets étaient non seulement viables mais nécessaires. Hélas, j’avais juridiquement tort puisque la décision de la CNAC n’était pas susceptible de recours…

Trop de soubresauts…

Nouveau rebondissement entre 2007 et 2013 : comme savent le faire les scénaristes de films à suspens, un projet de multiplexe fut concocté puis déposé sur un terrain sur le front de mer de Saint-Pierre, en face de la plage. Le nouveau projet, porté par… Mauréfilms et la SFP, fut soutenu par la mairie de Saint-Pierre. Ainsi, grâce à une alliance inédite, le projet de Saint-Louis, agrandi, est transféré purement et simplement à Saint-Pierre, sous les yeux ébahis d’un nouvel acteur silencieux (le nouveau maire élu en 2008 à Saint-Louis), des citoyens et d’Investissements et Commerce.

Ce nouveau projet, bien qu’attaqué par Investissements et Commerce, obtint l’aval de la CDAC puis de la Commission Nationale avec une motivation surprenante dans la décision de cette dernière : deux multiplexes sont économiquement viables et réguliers dans le Sud ! Excusez du peu, mais un tel revirement in-quantifiable en degré n’est relevé par personne. C’était pourtant la position que j’avais défendue à Paris quand j’étais maire !

La conséquence de quelques fâcheries entre acteurs après cet épisode de la CNAC est que le projet de la ZAC Canabady fut abandonné : la mairie de Saint-Pierre changea de fusil d’épaule en refusant de vendre à Investissements et Commerce le terrain communal prévu pour le projet de multiplexe.

Le projet du front de mer semblait alors parti pour voir le jour. Mais en coulisses, on s’agita tant et si bien que le bateau coula dans le sable (bien que le permis fût accordé par la commune !) sous les coups de boutoir juridiques et médiatiques des citoyens riverains, des associations et de la société Investissements et Commerce.

Pour que nous ne perdions pas notre souffle, les acteurs nous transportèrent ensuite sur une autre scène : Pierrefonds, sans que Saint-Louis ne pipe mot. Un acteur est abandonné indélicatement sur les bas-côtés de cette jungle qu’est la guerre économico-politique : la SFP. En effet, Mauréfims fait alors cavalier seul et, avec la bénédiction des mairies de Saint-Pierre et de Saint-Louis (ô rage, ô désespoir !) via la CIVIS, lança un projet de Multiplexe à Pierrefonds, dans la ZAC nouvellement aménagée (reniement total des politiques du Sud puisqu’avant 2001, tout le monde était d’accord pour ne pas avoir d’implantation commerciale dans cette zone !).

Un synopsis trop sinueux ? On va le corser encore un peu !

Des milieux autorisés aux médias, en passant par les acteurs du monde économique, chacun attendait donc très prochainement les travaux qui allaient mettre fin aux atermoiements du mauvais film en cours, pour que les citoyens du Sud puissent enfin se rincer les yeux dans plusieurs salles. Happy End ? Que nenni !

Alors que la CIVIS autorise la SPLA Grand Sud à vendre un terrain à Mauréfilms pour réaliser le fameux Multiplexe du Sud, patatras : Investissements et Commerce souhaite faire annuler l’acte de vente et d’autorisations en faisant planer un certain favoritisme : il aurait en effet offert un prix d’achat plus élevé que son concurrent pour un projet identique mais c’est ce dernier qui a été choisi par les élus. Et l’opposition municipale saint-pierroise s’empresse de se saisir du dossier en déposant aussi un recours !

Ce nouvel épisode va entraîner inévitablement de nouveaux retards : décision du Tribunal administratif attaquée quel que soit le sens, saisine du Parquet de Saint-Pierre, levées de boucliers des opposants politiques de tous bords qui souhaitent exister par tous moyens, suspicions politico-médiatiques…

Résultat prévisible : les cinéphiles et les citoyens contribuables du Sud en prendront encore pour quelques années dans les yeux avant de voir un quelconque multiplexe dans le sud !

Aux maires de Saint-Louis et de Saint-Pierre de siffler la fin de la mauvaise séance !

J’ai la faiblesse de croire, par expérience, qu’il appartient aux politiques de taper du poing sur la table ou de rassembler pour ramener la sérénité lorsque l’intérêt général l’exige.

Puisqu’à partir de la décision de la CNAC, il apparait que deux projets de Multiplexes sont possibles et viables, il appartient aux deux maires du Sud de provoquer une réunion, en présence du Sous-Préfet de Saint-Pierre et du Directeur Régional aux Affaires Culturelles, entre les deux investisseurs (Mauréfims et Investissements et Commerce) afin d’aboutir à une solution qui mettra fin à une guerre qui frise le ridicule.

Mauréfilms pourrait continuer son projet à Pierrefonds et Investissements et Commerce pourrait réaliser un projet à Saint-Louis en remettant la SFP dans le jeu. Les deux investisseurs s’engageant à cantonner leur guerre féroce uniquement dans le choix des films à diffuser, mais plus sur les projets d’implantation de multiplexe de l’un ou de l’autre. Voilà une « pax romana » où tout le monde gagnerait, alors que la situation actuelle fait que tout le monde est en train de perdre.

La solution de deux multiplexes dans le Sud serait une avancée économique et culturelle extraordinaire pour Saint-Louis et Saint-Pierre, mais ouvrirait aussi la voie à des solutions concertées pour d’autres projets, dans d’autres communes, au bénéfice des sudistes.

Je ne suis plus qu’un simple observateur et analyste engagé de la vie de ma ville, mais si j’étais encore maire c’est ce que j’imposerai : apaiser et avoir une vision pour la grandeur du Sud !

Commentaires

et ton film il dure depuis combien de temps ? casse toi ...

Écrit par : bond james | 12 janvier 2017

Bond james toi tu dois être con à Vie. Si tu es capable donnes un vrai commentaire de fond du débat sur le sujet je t'en supplie.

Écrit par : Jojo | 13 janvier 2017

a qui perd gagne : il vaut mieux etre con a vie que con...damne .

Écrit par : bond james | 13 janvier 2017

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