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03 décembre 2013

De la familiocratie...

Voilà un mot qui sonne haut et fort, et vulgarisé, à défaut d'avoir été inventé, lors des élections municipales de Saint-André en 2008; mais aujourd'hui mot fortement popularisé à défaut d'être populaire.

Ce serait, dit-on, le fait de faire la promotion de sa famille en politique; en les adoubant pour que le membre désigné par un père, une mère, un frère, un mari, une épouse, puisse se présenter devant les électeurs.

A ce jeu, on cite donc avec facilité le fait du prince hier chez les Vergès et les Virapoullé, aujourd'hui chez les Fruteau de Saint-André, les Hoarau de Saint-Louis ou les Robert de La Possession...

Si le népotisme (le fait de choisir et embaucher les membres de sa famille comme collaborateurs rémunérés par la collectivité que l'on dirige) est condamnable moralement et pénalement (prise illégale d'intérêt et favoritisme à l'embauche), il est difficile de dire que la familiocratie est condamnable démocratiquement puisqu'il appartient, in fine, au peuple de trancher par son vote.

Ainsi, je distingue deux types de familiocratie :

- la fermée, à savoir cacher son fils, sa fille, sa mère, son père ou ses frère et soeur, sur la liste que l'on présente au peuple et qu'on conduit sur son nom propre,

- l'ouverte, à savoir le fait de soutenir un proche membre de sa famille à une élection que brigue ce proche sur son nom propre.

Si la première peut sembler opaque et la seconde peut apparaître comme transparente, les deux ne peuvent être considérées comme une entorse à la démocratie. Et ce, tant que la loi ne l'interdit pas, voire même l'autorise puisque le Code électoral édicte le nombre de membres de sa propre famille est autorisé sur une liste municipale ou régionale. Attaquer ce principe sans base légale peut remettre en cause le principe que tout ce qui n'est pas interdit expressément est autorisé.

Le principe de la familiocratie pose donc une question autre : la Démocratie est-elle régie par la Loi ou par la Morale ? Si on répond "par la Loi", alors toutes les réactions effarouchées sont hors sujet. Si on répond "par la Morale", alors aussi justifiée et hautement symbolique soit-elles, les réactions des contempteurs de cette familiocratie ouvrent la porte à des interprétations qui ne sauraient ignorer tout ce qui paraîtrait choquant.

Et même si on répond "par les deux", dans tous les cas le peuple doit être plus éclairé par un développement plus argumenté de notre refus de la familiocratie.

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