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29 septembre 2008

Quelle politique de mobilité pour La Réunion?!

Depuis deux décennies, la problématique de la mobilité se pose avec acuité dans notre île.

La mobilité est un objectif que l’on se fixe pour permettre à la population, dans toute sa globalité, de se déplacer vers les lieux d’échanges, de création de richesse ou de loisirs.

Les transports et les infrastructures liées à ces transports sont les moyens que l’on se donne pour atteindre cet objectif.

L’inter-modalité est la mise en adéquation des transports, des publics cibles, des innovations techniques et technologiques et du respect de l’environnement.

A la Réunion, il y a trois modes de transports grands publics : la voiture particulière (qui a pris une place importante dans l’économie et la vie de tous les jours, influençant fortement les investissements publics à travers la construction des routes) ; le taxi (qui ne réussit pas à s’adapter à l’évolution des transports et aux lois successives réglementant le transport public de personnes) et le bus (la création du réseau Car Jaune a été une étape cruciale mais s’essouffle). Le Tram-Train sera peut-être un nouveau mode.

Il faudrait une stratégie claire après la fin des travaux et l’ouverture de la route des Tamarins :

- Ne plus recommencer un tel projet qui a été et restera un gouffre financier
- Prioriser la circulation des bus sur les routes nationales qui passent dans les agglomérations, afin de créer un réseau plus adapté et d’augmenter le nombre pour augmenter la fréquence
- Concentrer les investissements régionaux et départementaux sur les ports (à généraliser en pêche, plaisance et passagers), hélistations et aéroports afin de créer une dynamique de transports aériens et maritimes, en ouvrant clairement La Réunion sur l’extérieur
- Solliciter de l’Etat le Transférer de la compétence transport public de personnes (sauf pour les scolaires et les personnes handicapées) par terre, mer, air, fluvial et ferré à une seule collectivité qui serait la Région, avec création d’une Police Régionale des Transports
- Définir avec les communes des espaces de centre ville interdit aux voitures et privilégiant des modes anti-bruits (voies piétonnes, vélo, petit-trains électriques)
- Créer une Taxe Régionale Additionnelle inférieure ou égale à 10% sur les Assurances Automobiles
- Elargir les compétences de la SEMATRA au transport maritime et ouvrir le capital afin de créer une compagnie régionale.

Il y a un manque de vision et surtout une absence de planification claire qui découle d’un manque de stratégie : on ne voit pas assez que les investissements que nous faisons favorisent une économie en intra, trop endogame quand il se veut endogène ; alors qu’il faudrait une économie de conquête, en extra, résolument tournée vers l’extérieur. Ce n’est pas forcément du Développement.

La mobilité des réunionnais doit se faire en fonction de la vision économique des politiques. Est-ce un hasard si certains pays, comme l’Afrique du Sud, ont couplé des secteurs clefs dans l’exercice des responsabilités (routes, transports, emploi) au niveau des provinces ou des régions ? Le vécu de difficultés récentes ont amené de l’ingéniosité. Nous avons malheureusement développé une certaine culture de l’opulence financière parce que nous ne connaissons plus les difficultés des guerres, des catastrophes ou de la pauvreté extrême. Réagir, ce serait déjà agir…