Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

12 août 2007

Mes idées et idéaux dans mon combat

             Mes Libertés de croire, de dire et de faire

« Le mérite appartient à celui qui commence, même si le suivant fait mieux » (Sagesse arabe)

            C’est la Lutte qui donne un sens à la Vie , pas la victoire. Et il n’y pas de défaites qui puissent détourner l’homme de sa lutte. C’est ce qui confère un vrai sens à la politique. Cette lutte, en politique, ne vaut que par les actions concrètes et utiles que l’on fait. Elle vaut par des propos cohérents et accessibles à tous les citoyens. Elle ne vaut surtout pas par le manque de convictions.

La politique prend tout son sens, dans l’action et la pensée, par le choix de ceux que l’on a choisi de défendre. Et elle n’existe donc que par le choix et l’existence d’un adversaire. Ce qui implique que l’on se fixe dès le départ une ligne de conduite basée sur la foi en des idées que l’on défend et sur des valeurs communes à tous ceux qui partagent cette lutte. Ces idées et ces valeurs se doivent d’être claires, compréhensibles, simples et proches de la réalité des gens. Cette conviction se doit d’être forte et inébranlable; et elle interdit aux responsables (chefs de partis et élus) le droit de pratiquer le va-et-vient, de chercher ses repères, par une réflexion de promotion et d’ambition personnelles, chez l’adversaire ! Un élu ne doit pas changer de camp : quand il n’est plus d’accord avec son parti ou ses électeurs, il démissionne et arrête de faire de la politique ! C’est signe d’honneur et de respect pour soi-même, et pour ceux qui ont voté pour soi.

Or, on ne peut changer un système que de l’intérieur d’un groupe, d’un parti, d’une société, d’un pays. Les désaccords et les divergences n’empêchent ni le respect ni la poursuite d’un but commun. C’est ce qui fait le débat d’idées et le choix des hommes qui représentent ces idées. C’est ce qui fait seuls la valeur, la noblesse et l’art de la politique. Et ce sont cette valeur, cette noblesse, cet art qui nous animent et renforcent notre esprit de combat pour notre pays. Le reste n’est que machiavélisme et compromission.

Sur la Terre (depuis la création et l’apparition des êtres vivants) et sur cette île en particulier (avant sa découverte et depuis le début du peuplement au 17ème siècle), les choses et les êtres vont toujours par deux ou par plusieurs. Même au niveau des couleurs. Dire cela peut paraître simpliste. Mais la politique ne peut qu’obéir aux principes de la Nature , à savoir l’existence de la différence, de la dualité, de l’opposition ou de contradictions nées de l’existence de plusieurs tendances. Pour réussir, il faut que l’on soit deux êtres différents ou un être confronté à un élément. Comme en religion où il y a le Bien et le Mal, une Opposition et une Majorité sont les clés de voûte d’un système créatif et en perpétuel mouvement. Car la vie est combat; que nous soyons dans une société archaïque où domine la loi de la Nature (de la jungle ?) ou bien que nous soyons dans une société moderne où la Culture constitue la base de la loi. Dans chaque combat, il y a donc le choix d’un « Mal » ou d’un « Bien ». Notre culture, notre vocation, le but ultime d’une vie est de rejeter le « Mal ». Et on ne peut combattre « le Mal » ou les idées présentées comme tel si on se compromet avec eux.

En politique, le choix d’un adversaire implique que l’on désigne ouvertement cet adversaire et ses idées comme une sorte de « Mal » qui ne doit pas se développer et gagner. C’est pour cela que l’on ne peut fréquenter ou s’allier avec son adversaire, même sous prétexte de rassemblement pour le développement. Car c’est donner à ceux qui croient au bien de leurs actions et de leurs idées, l’impression qu’ils ont tort de croire en leurs repères qu’ils considèrent comme « Bien ». C’est les amener petit-à-petit à croire que le « Bien » et le « Mal » sont pareils, qu’ils peuvent vivre ensemble, donc qu’il n’est pas nécessaire de combattre, de croire. Or, le « Bien » et le « Mal » ne se fréquentent pas, même en catimini : ils se combattent, se rejettent. Ils ne vivent pas ensemble mais « l’Un » à côté de « l’Autre » avec toujours l’Objectif de se détruire. Les représentants du « Mal » vont toujours essayer de banaliser le « Bien » pour le décrédibiliser, le rendre plus vulnérable, le rendre insignifiant jusqu’à ce que chacun accepte de considérer que le « Bien » a un prix, que le « Bien » se vend ou s’achète.

Je considère comme «Mal » pour mon pays la menace institutionnelle, l’idéologie de la misère, l’égalitarisme menteur, la haine, la révolte gratuite et le vent de la discorde.

Pour moi, simple citoyen, au dessus du « Bien » ou du « Mal », ou entre les deux, il n’y a « Rien ».

Et ceux qui s’évertuent à faire croire le contraire sont des manipulateurs qui veulent, par un discours qualifié de nouveau, garder leurs pouvoirs et leurs privilèges alors qu’ils sont à court d’idées.

Faire de la politique, c’est inévitablement s’intégrer à un Parti ou se référer aux idées qu’il véhicule. C’est vivre pour la victoire de ces idées sur celles de son adversaire désigné ouvertement. C’est militer. C’est ne jamais se renier. Et ce sont ces idées qui constituent le socle, la fondation, la terre d’où germent les Projets, donc l’Action.

C’est le choix de l’adversaire que l’on va combattre (ce qui suppose donc le choix de ses alliés!) et l’élaboration d’un Projet de Société (qui indiquent l’idéologie et les propositions qui en découlent!) qui permettent au citoyen de se repérer et de vivre véritablement la Démocratie , de vivre sa Liberté, d’Espérer.

Lorsqu’il y a trop de repères (donc trop de Partis aux tendances politiques parfois diffuses et sans bases historiques ou philosophiques réelles!) ou bien lorsqu’il n’y a plus qu’un seul repère (un Parti, une Pensée pour Un modèle Uniques !), alors naissent l’indifférence, le mépris, la ferveur malsaine (qu’on appelle pudiquement populisme ou fascisme de masse..)

ou la désaffection à l’égard de la politique! Ce qui, inévitablement, aboutit lentement, mais sûrement, au pire : la Dictature.

 

Pour un Humanisme du Réel

« Rappelez-vous bien qu’il n’y a rien de constant, si ce n’est le changement (Bouddha).»

 De par notre histoire commune, douloureuse mais riche d’enseignements humanistes, on ne peut que combattre toute forme de Dictature. Qu’elle se fonde:

- sur la Lutte des Classes (prônée et voulue par les partis gauchistes, particulièrement les mouvements communistes),

- sur la Lutte des Races (prônée et voulue par les partisans d’un régime d’Apartheid ou d’Extermination humains, culturels, sociaux et religieux),

- sur la Lutte des Religions (prônée et voulue par les mouvements intégristes pour imposer une religion unique sur toutes les autres), - ou sur l’Alliance de Systèmes complexes (claniques, industriels, familiaux, militaires). C’est ce refus de la Dictature , exercée ou pas au nom de la « Sécurité » et/ou du « Bien » du peuple, qui fonde mon opposition à l’affirmation trop générale de Lénine : « Il n’y a pas d’évolution sans révolution ». On peut croire, certes, qu’il faut avoir, développer même, un esprit révolutionnaire pour faire bouger les choses mais faut-il encore croire aux révolutions au XXIéme siècle ?

Il faut bien se rendre à l’évidence que tout changement obtenu aujourd’hui par le sang ou la violence est un changement qui n’est pas appelé à durer. Car c’est un changement basé sur la haine et la division des peuples et des familles.

Nous avons donc à trouver une voie correspondant à une certaine vision réaliste de la société politique réunionnaise. Société où on n’atténuera pas le malheur des gens (détresse morale, matérielle ou financière) uniquement par une petite aide ponctuelle, jusqu’à ce qu’ils croient que la seule solution possible pour développer ce pays, c’est de demander et gagner toujours plus sans rien faire.

Nous pouvons, donc nous devons, éviter que l’on associe de plus en plus l’idée de Bonheur à une contrepartie qui serait l’Explosion sociale ; mots pudiques pour ne pas dire la révolution.

Autrement, progressivement, le comportement des uns et des autres s’apparentera de plus en plus à un petit jeu de cache-cache innocent :

- certains, se voilant la face devant les difficultés des familles, attendent on ne sait quel effet contraire tout en continuant à augmenter leurs profits;

- d’autres, par peur ferme de cette « Révolution », s’enferment dans un fatalisme béat;

- d’autres enfin, attisent et souhaitent cette Explosion. Parfois par orgueil de voir ainsi leurs hypothèses étayées; souvent pour pouvoir enfin réaliser leur dessein non-dit.

L’Evolution peut se faire sans Révolution et Gandhi ou Mandela l’ont montré. Les plus grandes évolutions du XXème siècle (à part la révolution russe de 1917) sont nées d’une révolution par l’esprit, par la transformation des mentalités en fonction d’un Idéal fort. La référence à Gandhi ou Mandela n’est pas prétentieuse, car la source d’un combat digne est bien l’Humanisme, qu’il soit chrétien, hindou, musulman ou athée.

Humanisme né, ici, d’un vécu metis séculaire, même s’il n’est pas parfait.

Humanisme né d’une Union Populaire qui transcende les partis et dépasse les clivages politiques sans pour autant les nier.

Cet Humanisme-là doit être la source de notre Combat, car il nous permettra de ramener la confiance par la Fraternité pour créer des richesses..

Cet Humanisme-là préfère les hommes de « Bien » qui prônent l’Unité sociale. Aux tueurs de tolérance, cet Humanisme préfère les Démocrates et les Républicains qui luttent pour l’Unité du pays et  non pour leur race, leur parti ou leur religion.

 

Unité et Fraternité qui ne veulent pas dire qu’il ne saurait y avoir désaccords ou divergences entre nous, mais qui consistent à faire du respect de soi-même, acquis par le Travail et l’Effort, la valeur-clé du monde que nous voulons construire et laisser à nos enfants.

 

Unité et Fraternité qui rejettent, sous quelques formes qu’elles se présentent, la Lutte des Classes, des Races ou des Religions. Car elles ont les mêmes objectifs, les mêmes moyens (même si elles n’ont pas les mêmes supports idéologiques) : la Haine de l’Autre et/ou la Dictature d’un Parti soi-disant représentant d’une Classe, d’une Communauté ethnico-clanique ou d’un Système inquisiteur faussement puritain et moralisateur. Ce n’est pas un hasard si on constate que le glissement intellectuel de ces « mondes » les uns vers les autres se fait aussi simplement, même lorsqu’ils se combattent. Parce que ces luttes à la philosophie et aux attributs particuliers impliquent, conditionnent même, le conflit entre groupes d’individus pour établir la suprématie de l’un sur l’autre au nom de la « pureté » souveraine, de la pensée unique.

 

Aussi, je reste persuadé qu’Evoluer n’est pas Inverser mais Améliorer les rapports entre les hommes. Car lorsqu’on dit que, pour que les pauvres vivent mieux, il faut qu’ils aillent prendre, sans exclure la force, chez les riches pour appauvrir ces derniers, on ne fait que continuer un cycle de conflit. Je suis peut-être simpliste mais pour moi, il y a deux évidences :

1) La richesse du pauvre est d’avoir l’espoir continu de pouvoir, par le Travail, grimper sur l’échelle sociale et se hisser à la hauteur du riche.

2) La pauvreté du riche est de toujours se battre pour avoir plus pour ne pas descendre de cette échelle sociale où il est haut perché.

Notre voie devrait être autre et consisterait à chercher, dans quelles mesures et sur quelles Valeurs, riches et pauvres peuvent se retrouver et/ou s’aider sur des projets de quartier, de villes ou d’entreprises afin de créer la Prospérité , donc le Développement

C’est ce qu’Abraham LINCOLN (le président américain assassiné pour avoir aboli l’esclavage dans son pays au prix de la guerre entre le Nord et le Sud !) appelait de ses voeux : donner la Force aux Faibles en favorisant la Fraternité humaine, forger le Caractère et le Courage en encourageant l’Initiative et l’Indépendance individuelles. Et ce, dans le respect de la Loi. Ce respect de la Loi , donc de se battre pour qu’elle soit changée si elle n’est plus adaptée, est primordial et conditionne même le Développement.

En effet, personne ne peut vivre bien dans une société où l’Institution Judiciaire serait constamment sujette à caution, impunément niée et rabaissée. Il n’y aura pas de Développement s’il n’y a pas d’Ordre. Ainsi, on ne peut pas laisser une fraction/faction prendre la Justice en otage à chaque fois que ses intérêts sont menacés. L’Ordre n’est qu’un instrument de la Démocratie si et seulement si il s'appuie sur la oi et est Juste.

Qu’adviendrait-il si nous laissions le premier devenir l’élément dictatorial de la seconde? Les petits, les plus faibles ou les plus pauvres, lorsqu’ils seront menacés, lorsqu’on les volera, lorsqu’on violera et/ou lorsqu’on tuera leurs enfants, seront dans l’obligation de devenir les esclaves du groupe capable de mettre le Désordre, de faire peur par une Révolution. La loi du plus fort, au mépris du Progrès, ne doit pas exister dans notre société tournée vers la Modernité. La loi est la même pour tous et doit être respectée par tous, sinon c’est la Régression par la Révolution ! C’est pourquoi on ne peut raisonnablement croire, ou faire croire, que la possibilité de progrès se réduise à la constitution d’un conglomérat hétéroclite (le créole dirait à « un maillage-manger-cochon ») qu’on nommerait pudiquement « Consensus ». La Démocratie exige que le vainqueur à une élection concrétise les projets pour lesquels il a été élu (la majorité gouverne!) et que le vaincu travaille pour montrer que ses projets sont les meilleurs (l’opposition s’oppose!). Il n’y a que la guerre qui implique une dérogation à ce principe, car au lendemain des conflits, pour panser les blessures et les déchirures, il est souvent impératif de constituer un pôle unitaire pour contribuer à la restauration ou à la pérennité de la Démocratie et pour relancer le Développement. Une alliance n’est possible que lorsque les parties en présence ont des bases idéologiques, des pensées économiques et sociales assez proches pour se rejoindre. Sinon, ça ne restera que partage de pouvoir et dévoiement de la Démocratie.

Je reste persuadé qu’il est vain de croire ou de faire croire que LA solution à nos problèmes est dans Un seul et Unique projet collectif. En effet, La Réunion n’a jamais autant progressé sur le plan sanitaire, social et économique qu’entre 1960 et 1985 où justement se combattait deux projets et deux conceptions différentes de notre société réunionnaise.

Je pense que c’est plus à l’assemblage de petits projets concrets réalisés par des individus sur des zones géographiques et dans des secteurs économiques donnés qu’il faut croire. Entre le Capitalisme sauvage où il n’existe que la course poursuite au profit pour des clans-anciennes familles (au mépris de l’Homme en général) et le Communisme où il n’existe que la recherche du minimum vital (au mépris du peuple et au profit de ses dirigeants embourgeoisés), il existe autre chose, d’autres voies.

Je suis un Libéral et un Démocrate. Pour moi, c’est le Libéralisme Social qui seul fera notre développement, c’est à dire vaincra le chômage existant de façon durable par un engagement Libre et Valorisant de chaque individu.

- Liberté (de penser et d’agir philosophiquement au nom de l’autorité de la seule Conscience Personnelle);

- Raison (pour comprendre par soi-même les phénomènes sociales et faire des propositions);

- Propriété (pour une jouissance privée et personnelle de son bien car c’est la matérialisation, pour chacun de sa Liberté, dans l’espace et le temps, par la libre entreprise. Et ce, avec une intervention de l’Etat réduite au strict minimum de ses obligations). Principes fondamentaux d’un Libéralisme qui reconnait à chacun sa place en tant que sujet politique (donc ayant des droits pour acquérir les moyens de jouir de sa liberté, de sa raison et de sa propriété!) mais pour Inventer, Innover, Créer dans le Respect des autres, de la Loi et des exigences de la Société à l’égard de chacun (donc ayant des Devoirs à l’égard de ses concitoyens, de l’Etat ou des autres collectivités. Ces dernières ne devraient plus aider sans contrepartie personnelle symbolisée par un contrat d’actions!).

Je vois bien que, dans son immense majorité, la population réunionnaise est Libérale dans la vie quotidienne. A savoir que l'idée de chercher toujours à enrichir sa vie ne lui déplait pas : nous aimons tous acheter ce que nous pouvons ; être propriétaires et non locataires ; vendre ce que nous voulons ; jouer au Loto et aux jeux divers ; être notre propre patron en créant une entreprise ; payer moins d’impôts et de taxes ; choisir les produits moins chers parce qu’il y a une concurrence entre les commerçants ; voyager sans contrôles selon nos moyens ; penser et parler librement etc.. Cet attachement à l’idéal de Liberté Economique de chaque citoyen, des entreprises et des ménages, respectant nos Valeurs traditionnelles de Solidarité, de Partage et de Métissage; cette foi que les individus sont égaux à la naissance et doivent avoir les moyens de se battre afin qu’à la fin de leur vie, ils lèguent un niveau et une qualité de vie les plus élevés possible à leurs enfants. C’est ce qui constitue le fondement de l’Idéal de Liberté que nous défendons.

La course poursuite effrénée au profit n’est une fin en soi qu’à partir du moment où elle sert aussi et surtout à promouvoir le Bonheur de son prochain, sans exclure quelques uns que l’on aurait en plus culpabilisés de leur infortune dans le combat de la vie. C’est ce qui fait ma cpnception du Libéralisme Social : OUI A L’ARGENT S’IL N’EST QU’UN MOYEN POUR ELEVER LE NIVEAU DE VIE DE CEUX QUI ONT CONTRIBUE, DIRECTEMENT OU INDIRECTEMENT SELON LEUR FONCTION, LEUR TRAVAIL ET SURTOUT LEUR MERITE, A LA CREATION DE LA RICHESSE.

 

C’EST CE QUI FAIT NOTRE IDEAL. Cependant, nous devons combattre cette volonté sournoise de contribuer à l’avènement d’une société de l’argent roi. Il faut combattre les tentatives d’étouffement de l’idéologie et des idéaux par des alliances pour le pouvoir. Car au delà de simples coalitions pour sauvegarder des monopoles, c’est la cohésion et la cohabitation sociales qui sont en danger. La dérive des Libéraux et des Démocrates de dédramatiser une possible Indépendance, doit cesser. Surtout lorsque, paradoxalement, aucun défenseur de l’Indépendance au Parti Communiste n’a dit officiellement, ni dans aucun écrit, qu’il a changé d’orientation politique, sociale, économique et culturelle! Le réalisme politique doit toujours nous guider :

 

Une Réunion très pauvre, et s’apauvrissant sans cesse jusqu’à la paupérisation, demandera par rancoeur l’Indépendance car elle estimera que la France , sa Patrie, ne l’aura pas aidée suffisamment quand il le fallait;  

Une Réunion riche, et s’enrichissant sans cesse grâce à une richesse propre, demandera aussi l’Indépendance car elle estimera qu’elle n’a plus besoin de la France.

Ce sont là deux évidences, qui, dans l’état actuel des choses, ne sont pas prêtes de se concrétiser.

Mais ce qui existe (et c’est là toute la menace!), c’est qu’aujourdh’ui, une certaine Gauche copiée par une certaine droite aseptisée intellectuellement, situent toutes leurs revendications, sous couvert de nécessité de développement, à un niveau de réalisation impossible. Et ce jusqu’à ce que les gouvernements (de Gauche ou de Droite) ou quelques élus nationaux finissent par estimer qu’il est temps de préferer la Corèze et le Doubs aux « quatre vieilles » (Martinique, Guadeloupe, Guyane et La Réunion ).

Pour moi, la question institutionnelle, donc notre statut de Français, ne doit plus se poser. Et ce, même si certains peuvent considérer que le statut actuel est un enfant administratif bâtard (un Département coexistant sur un même territoire avec une Région) ayant des compétences qu’il faut harmoniser au maximum.

C’est le prolongement du combat de ceux qui, de Léon De Lepervenche à Michel Debré, à leur manière et selon leur sensibilité, restaient jusqu’à leur mort convaincus que le statut de Département était le seul possible pour le progrès de la société réunionnaise. Au contraire de la Centralisation excessive du pouvoir (type assemblée unique, offices centralisatrices d’activités, syndicat dominateur ou coopération intercommunale politisée), de l’Autonomie ou de l’Indépendance qui nous conduiraient vers une faillite collective, un désastre humain et un non-sens historique par l’Entassement, le Repliement, l’Appauvrissement, le Déclin et les Déchirures prévisibles.

Ce statut de Département nous a amené jusqu’à l’Egalité des droits que tout français attend justement de la Nation. Mais , aujourd’hui plus qu’hier, au sein du droit commun, donc à partir d’une base politique stable, nous devons sans cesse, en fonction de notre sensibilité idéologique, nous attacher à l’essentiel démocratique. Celui-ci est de présenter et de débattre d’un Projet de société propre à chaque Parti, pour notre Département géographiquement et culturellement différent des autres départements de métropole (ce qui suppose parfois une adaptation des lois et décrets sans obligatoirement en différer ou refuser l’application)...

Nous sommes persuadés que le Développement de la Réunion réside dans un processus de confrontation, de débats sur la philosophie d’un projet et de ses répercussions sur la société réunionnaise. Car c’est du choc des idées différentes que jaillit la lumière du Progrès, de la Maturité , de l’Enrichissement, de la Transformation et du Rayonnement pour tous.

Tel est le but essentiel de mes réflexions et propositions pour constituer un vrai Projet de Société. Celui-ci ne peut être qu’Evolutif car nous restons persuadés que le véritable Développement ne s’obtient pas par une série de mesures macro-économiques mais par une multiplication de micro-projets locaux qui, par leur inter-action, permettent de dégager une piste originale et dynamique d’action globale.

Et cette piste ne peut se baser, tant dans la réflexion que dans l’action, que sur la réalité du peuple. A savoir sur une perception sans faille de son Histoire politique immédiat, sur ses Valeurs, sur ses Droits et ses Devoirs, pour justement représenter un modèle propre aux réunionnais et non point importé ou copié sur nos voisins de la zone et sur des systèmes du Sud-Est asiatique, d’Amérique ou d’Europe.

 

Ceux, de gauche, qui se reconnaissent dans ce combat mais hésitent à m'accorder leur confiance pour bâtir ensemble notre Pays restent encore prisonniers d’un sentiment de méfiance :

- par rapport à la fraude et à la répression administrative qui ont existé dans les années cinquante/soixante;

- par rapport à la théorie selon laquelle une Gauche défendrait les pauvres-noirs et une Droite défendrait les riches-blancs. Il ne faut pas craindre de dire que cette idéologie, basée sur la Lutte mélée des Races et des Classes, a été inventée pour mieux nous asservir intellectuellement. Et c'est ce qui est le plus horrible, car à chaque fois, c'est le riche (le bourgeois qui se proclame communiste ou socialiste) qui dit défendre le pauvre; le blanc qui dit défendre le mieux le noir; le détenteur du pouvoir depuis des dizaines d'années qui dit être le plus capable de changer la vie.

Une partie des élus réunionnais, bénéficiaire ou pas dans les années cinquante et soixante de cette fraude et de cette répression politico-administrative, n’a jamais osé condamner ces atteintes à la Démocratie. Et parce qu’ils se sont trop longtemps enfermé dans un oubli catharsique, ces élus n’ont pas fait grand chose pour se libérer, et du même coup libérer les Réunionnais de cette prise en otage affectif par un certain discours dit de Gauche.

 

Cette Libération passe par la condamnation certes, mais aussi et surtout par l’explication.

La fraude (que je n'approuve pas mais que j'essaye de comprendre!) se plaçait dans un contexte historique assez particulier. En effet, selon mon analyse sommaire, dans les années 50/60, les relations entre les tenants du pouvoir en France et les communistes étaient tendues parce que le monde est en intense « guerre froide » (le bloc Occidental mené par les Etats-Unis, la France et l’Angleterre contre le bloc de l’Est mené par l’URSS) et en pleine guerres de décolonisation en Algérie, en Afrique noire et en Indochine. Alors, les amitiés du Parti Communiste Réunionnais avec les « Partis frères », de Cuba à l’Union Soviétique en passant par l’Allemagne de l’Est, la Chine , Madagascar ou la Roumanie , n’étaient pas vues de la meilleure façon qui soient. Car ces pays étaient dirigés par de grands criminels de ce siècle. Et les communistes en France sont, alors, considérés comme des traîtres potentiels (« le parti de l’étranger »), comme ceux qui complotent contre l’Etat.

Le comportement autoritaire, envers les communistes, des gouvernements de gauche  ou de droite, ou le comportement de ses préfets (dont Perreau-Pradier fût le plus zélé et le plus célèbre!), s’expliquent d’abord par ce contexte.

Vînt, en plus, se greffer sur ce contexte le message Révolutionaire revendiquant l'Autonomie, qui paraissait séduire. A tel point que les communistes pouvaient être majoritaires et conduire l'île à l'Indépendance (réclamée lors de la convention de Morne-rouge, aux Antilles par les partis communistes des DOM). Ce qui constitua un danger pour la France qui ne pouvait ou ne voulait pas perdre ses départements d’Outre-Mer. Ceux-ci lui assuraient une présence dans le concert des grandes puissances mondiales par sa capacité de riposte à partir de plusieurs points hors du territoire hexagonal. Si certains ont été des victimes (notamment de l’Ordonnance de 1965 qui mutait d’office en métropole tout fonctionnaire des DOM qui appartenait au Parti Communiste pour cause de subversion et d’atteinte à la sûreté de l’Etat), ils l’ont été dans ce contexte. Dans un moment où les dirigeants du PCR fréquentaient et prenaient comme modèles Ceaucescu en Roumanie, Fidel Castro à Cuba puis plus tard Pol-Pot au Cambodge; ou ne disaient rien sur les saccages à Madagascar et la fuite des réunionnais de la Sakai.

La fraude, qui n’était pas systématique contrairement à ce qu’ont fait croire certains pour expliquer certaines de leurs défaites, a existé bel et bien. Et à l’époque, elle semblait être un mal nécessaire, une sorte « d’imposition de la Démocratie  » pour empêcher que ne meure cette même Démocratie à La Réunion avec l’arrivée des communistes au pouvoir dans les communes, conduisant à terme à l’Indépendance.

D’ailleurs, cette fraude grossière aidée par les autorités de l’Etat a pris fin au début des années 70 (comme le montrent les victoires des socialo-communistes à Saint-Louis, des communistes à Le Port, La Possession et des socialistes à Saint-Philippe en 1971; puis les virages à gauche de plusieurs communes en 1983 après la victoire de François MITTERRAND aux présidentielles de 1981).

Le Drame ou l’Ironie de l’Histoire, c’est que ce sont ensuite les communistes, ouvertement à Saint-Pierre et à Sainte-Suzanne en 1989 et plus sournoisement ailleurs, qui se sont mis à la fraude. Et ce, en interprétant à leur façon la loi et/ou en jouant éternellement sur les problèmes de procédures (la tactique du non-droit pour affaiblir un droit jugé d’ordre bourgeois).

Vues et ressenties avec notre liberté d’action d’aujourd’hui, il est évident que ces fraudes et cette répression administrative sont condamnables, même si l’on peut se dire que nous n’avions que le choix entre la fraude/répression et l’Indépendance. Les jeunes en général, la nouvelle génération d’élus d’aujourd’hui en particulier, ne peuvent absolument pas se sentir coupables de faits qui n’ont pas été commis par eux. Tout en respectant le passé, nous avons à nourrir notre pensée uniquement, essentiellement, du « Comment construire les années qui vont venir?».

 

Nous n’avons pas à être des malades de notre Histoire mais à l’assumer pour mieux avancer! En effet, les crimes de Robespierre et les exactions des révolutionnaires en 1789, aussi atroces et barbares furent-elles, n’empêchent nullement aujourdh’ui d’être républicain; et surtout ne nous obligent pas à avoir un remords parce que nous possèdons cet idéal de la République !

 

Au delà de ces considérations morales légitimes, la population réunionnaise dans sa grande majorité a approuvé cette bi-polarisation (Droite contre Gauche) de la vie politique. Car elle y voyait beaucoup plus clair qu’aujourd’hui. Le choix était plus simple. C’est ce qui a permis à La Réunion d’avoir un décollage économique et social. Pourquoi en serait-il autrement aujourd’hui et demain? La possibilité de nous retrouver sur des Valeurs communes existe, mais cela ne peut nous empêcher de chercher les voies du Développement selon nos idéaux.