29 août 2006

L'exemple mauricien?

Il est toujours tentant de faire des comparaisons. Combien de fois n'avons-nous pas entendu que nous devrions nous inspirer de l'Île Maurice? Mais personne ne dit précisément en quoi notre voisine serait un exemple. Il serait intéressant d'essayer de voir les choses avec une certaine objectivité.

Il y a un point indéniable: Maurice a choisi dès les années soixante un axe de développement en trois points: l'industrie sucrière (avec une certaine diversification dans l'agro-alimentaire), l'industrie touristique (puisque la Nature l'a richement doté de plages et de lagons merveilleux) et l'industrie textile (puisque naissait l'opportunité des premières délocalisations ou sous-traitances de luxe). Le faible coût de la main d'œuvre a été déterminant en matière de compétitivité.

Ces trois axes sont encore les trois piliers du développement de Maurice, même si l'émergence de pays tiers à faible coût de main-d’œuvre comme la Chine, l'Inde ou le Bangladesh met à mal l'industrie textile. Mais avec quelles conséquences sociales? Un salaire de base oscillant entre 100 à 300 euros mensuels ou des indemnités mensuelles de 1000 euros pour un Député; 15 jours de congés annuels avec interdiction de les prendre d'un seul tenant ; 45 heures maximum de travail par semaine; possibilité de licenciement très souple; allocations chômage très draconiennes; retraites insuffisantes qui obligent les bénéficiaires à travailler au-delà de 65 ans dans des petits métiers pour compléter leur allocation.
La compétitivité a des exigences que l'on ne doit point ignorer. Le niveau de vie est assez bas, avec des poches de pauvreté réelles et un système éducatif et sanitaire en dessous de la moyenne des pays développés pour la majorité de la population.

Sur le plan institutionnel, Maurice reste l'un des rares pays au monde où la loi fondamentale (La Constitution) pose une classification de la population par communauté religieuse ou raciale; donc répartit la représentativité et les emplois selon ces critères. C’est plus un système communautaire et multi-ethnique que métissée ; c’est plus une cohabitation que le mélange vanté dans les dépliants.

Ce n'est donc pas tout le système mauricien qui peut être pris en exemple.

Pour notre part, nous retiendrons deux points:

- les trois piliers posés dès le départ sont très positifs. Les investissements publics sont orientés fortement vers eux pour que l'économie reste stable et surtout créatrice d'emploi. La Réunion n'a malheureusement pas défini clairement ses piliers. Ou plutôt, elle en a deux qui restent fragiles: l'industrie sucrière (fortement subventionnée mais très compétitive dans le savoir-faire) et le commerce alimentaire (les aides diverses à la population font que la consommation est devenue reine au point que l'on crée plus de zones d'activités commerciales que de zones industrielles);

- l'industrie touristique a développé un service aux clients qui reste admirable, avec presqu'un employé pour un client dans les structures hôtelières haut de gamme. De plus, la "privatisation" de certaines plages pour ces hôtels permet une sécurisation de la clientèle, source principale de devises et de travail pour les mauriciens. La Réunion a malheureusement trop de scrupules sur ces "privatisations" partielles de plages (5 sites peuvent pourtant être intéressants : entrée-nord de Saint-Leu et sa piste d'ULM ; plage de Saint-Leu en face de la Gendarmerie ; Grand-Anse et sa crique ; la plage derrière le Novotel et les Villas du Lagon à Saint-Gilles, ...), et le service dans les hôtels reste minime, eu égard au coût de la main-d'œuvre.

Au delà, il est clair que nous sommes trop restrictifs sur la durée hebdomadaire de travail ou sur le nombre d'années d'activités. Il serait plutôt intéressant de fixer une durée minimale (35h) et maximale (45h) de travail hebdomadaire, ainsi que de fixer l'âge de la retraite à 63 ans mais de façon non obligatoire : tout employé peut continuer à travailler au-delà de cet âge s'il le désire (s'il s'en sent encore capable) et si son employeur le souhaite.

Si Maurice doit être un exemple, ce n’est pas, contrairement aux Seychelles, sur le plan social. Ce serait plutôt sur le plan économique, du moins dans sa stratégie libérale et de positionnement.

Le modèle Seychellois ?

Pour un réunionnais, se rendre aux Seychelles peut-être simplement un plaisir lié aux charmes de ce très joli pays (îles multiples, sables blancs farineux, intérieur verdoyant, air non pollué par des industries lourdes, pays propre et peuple uni…) mais doit être, pour un politique réunionnais, un lieu d’études.

Les seychellois peuvent être considérés comme nos frères et sœurs de sang :

- d’abord les premiers seychellois étaient des réunionnais, avec des immigrations qui n’ont pas cessé, au point qu’on y retrouve nombre de patronyme réunionnais, tels Morel, Payet, Hoarau… ;

- ensuite parce que le métissage y est le même que chez nous (l’Inde en moins). C’est ce qui fait la fierté du peuple seychellois : être le seul Etat Créole métissé du monde (le 1er Etat créole, Haïti, est resté très homogène dans sa population d’origine africaine) ;

- enfin parce que leur créole est très proche du notre, très "francisé" ;

Jeune démocratie (multipartisme récent après 25 ans de régime de Parti Unique marxisant et maoïsant), les Seychelles surprennent agréablement dans le jeu politique par le respect des affiches des concurrents (amendes et peine de prison pour ceux qui enlèveraient les affiches de l’adversaire), par le déroulement calme (ce qui ne veut pas dire exempt d’irrégularités !) des dernières élections présidentielles ou par la place reconnue de l’opposition. L’accès de l’opposition aux médias grand-public avant les campagnes électorales laisse cependant encore à désirer. On ne sort pas facilement (si on en sort un jour «imaginairement » !) des dictatures…

L’économie (centralisée et étatisée en dehors de quelques secteurs) est basée sur deux piliers : l’industrie de la pêche et le tourisme. Tout le monde semble travailler ; mais il y a un chômage caché, certains seychellois se plaignant de voir des étrangers (chinois, malais) venir construire des logements et/ou de ne travailler que pour 100 dollars par mois. La roupie seychelloise est forte (l’équivalent du franc français : 1 € ~= 7 roupies officiellement mais 14 roupies au marché noir !) ; le revenu moyen du seychellois (de 2000 à 3500 roupies pour la majorité des travailleurs du public ou du privé) ne permet pas de vivre correctement sans être obligé d’avoir recours à l’aide sociale d’Etat (bien souvent gérée par les responsables du Parti dans les districts) ou de faire un double travail.

Le riz y est à 4, 7 ou 14 roupies / kg selon la qualité ; la viande de bœuf à 80 roupies / kg ; le poulet à 40 roupies / kg… La cherté de la vie y est réelle.

90 % de la consommation courante locale est importée. Le poisson (75 roupies le paquet d’environ 10 Kg au marché) et ses dérivés sont produits localement, ainsi que la bière. Il n’y a pas de concurrence, car toute l’importation et la répartition dans les centres de distribution sont gérées et contrôlées par un organisme / entreprise d’Etat. Ainsi, il arrive qu’il manque de riz, de farine, de sel ou d’huile dans les boutiques / shop.

Le logement social y est développé comme dans un département français (location ou location accession), avec des financements étrangers ou des subsides de l’Etat seychellois. Cependant, la liste d’attente pour y accéder est longue. L’acquisition des petites parcelles est possible mais c’est le coût de la construction qui devient alors prohibitif.

Le côté positif des Seychelles s’inscrit plutôt dans ses acquis sociaux :

- la gratuité de l’Education et le sens de la discipline, qui ont amené le taux d’alphabétisation le plus important d’Afrique, voire du monde : plus de 80 % de la population savent lire et écrire. La scolarité se fait du lundi au vendredi de 8 h 00 à 13 h 30 et de 13 h 30 à 14 h 45 afin d’éviter les chaleurs des après-midis ;

- l’espérance de vie (la douceur des îles, le climat et la profusion de poisson permettant de vivre à sa faim) est égale à celle d’un pays développé (environs 70 ans de moyenne) ;

- la santé est gratuite pour les seychellois et les résidents. Elle est payante pour les étrangers ;

- il n’y a plus de bidonvilles aux Seychelles, donc pas de mendiants (ou comme me le faisait justement remarquer l’ambassadeur de Madagascar à Maurice : "on n’y voit plus de gens pieds nus, hormis à la plage"… ;

- un nombre croissant de jours de congés annuels (21 jours actuellement, y compris les  samedi et dimanche, mais avec une tendance allant à exclure ces jours) ; des horaires de travail de 35 h  hebdomadaire dans le public, 39 h dans le privé avec des horaires identiques : 8 h 00 à 12 h 00 et 13 h 00 à 16 h 00 ;

- un respect de l’environnement qui est exemplaire : il n’y a pas une seule décharge sauvage dans ce pays.

Sur certains points donc, les Seychelles peuvent être un modèle. Mais hélas pas un modèle économique, car cette économie reste trop fermée et non concurrentielle. Or, c’est justement l’ouverture qui peut permettre de financer les dépenses qui font son modèle social.

Si la fierté, la gentillesse, l’hospitalité et le calme des seychellois sont légendaires et appréciables, ils ne suffiront pas dans un monde à l’économie globalisée et avec une jeune génération qui voyage et qui a de plus en plus soif d’informations et d’échanges.

23 août 2006

Qui suis-je ?

"Marmaille la cour" on est (naît !), "garçon la cour on reste !"…
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photo datant de février 1968

Je suis né le 25 mars 1965 à Saint-Louis (Ile de La Réunion) dans le quartier de Pont-Neuf. Je suis marié et père de trois filles.

De 1971 à 1976 j’ai été scolarisé à l’école Primaire Paul Eluard à Roches-Maigres où j’étais bon élève à chaque classe. (le fait d’avoir été à un « ti-lécol » de 1969 à 1971 chez Christiane TERGEMINA - épouse Madame BADIN Marcel - y a été pour beaucoup. Cette brave dame a appris à lire, écrire et compter à beaucoup d’enfants de Pont-Neuf avant l’âge de six ans.

Au Collège (1976-1980) et au lycée de Roches-Maigres (1980-1983), je n’ai eu mon baccalauréat littéraire A2 qu’en 1985, en candidat libre. L’anecdote est que j’ai quitté la terminale en décembre 1983 – après avoir redoublé ma première – par dépit de ne pouvoir m’exprimer pleinement.

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Photo de ma classe de 1ère A2

Université de La Réunion puis Centre Régional pour l’Enfance et l’Adolescence Inadaptées et Université de nouveau : j’ai décroché un Diplôme d’Etat d’Educateur Spécialisé et un Diplôme d’Etudes Supérieures Spécialisées en Calcul Economique et Gestion Locale.

Fils d’ouvrier agricole, on apprend la valeur du travail …

Mon entrée dans la vie active commence par un Volontariat Service Long (18 mois) de janvier 1987 à juin 1988 à la caserne de Sathonay-Camp (Lyon) en qualité de Sous-Officier (Sergent) d’Infanterie. Ma rigueur et mon exigence viennent sans doute de cette époque. Etudiant, j’ai toujours été obligé de travailler pour avoir de l’argent de poche : vendeur de samoussas et de pistaches ; « rodeur z’herbes lapins » pour des familles ; pigistes/chroniqueur sportif pour le Quotidien de La Réunion et le Journal de l’Ile de La Réunion.

Je deviens Assistant Socio-Educatif titulaire en 1992 au Conseil Général, après avoir fait des remplacements en tant qu’Educateur Spécialisé à l’APECA – fille de Saint-Denis et à l’APECA garçon au Port.

En 1998, je passe avec succès un concours d’Attaché Territorial, spécialité Sanitaire et Sociale et suis intégré au Conseil Général en qualité de Cadre à la Direction de la Vie Educative pour gérer les actions facultatives en direction des collèges et le Conseil Général des Jeunes.

Depuis 2001, je suis en détachement pour exercer mes fonctions d’élu local.

Un parcours politique synonyme d’engagement …

En 1988 à Lyon je milite dès 23 ans pour les présidentielles, sous la bannière de l’U.D.F, un parti de Centre-Droit. Il faut dire qu’un Réunionnais, Raymond Barre, était candidat.

Inscrit et votant pour la 1ère fois, je participe en 1989 en qualité de colistier (en 23ème position) aux élections municipales sur la liste Divers-Droite menée par Marc-André Hoarau. Non élu, je reste dans la position que je préfère : militant. Dès 1992, j’adhère à l’Union pour la Démocratie Française et j'en deviens, en 1993, membre du Bureau Départemental de La Réunion.

En 1995, colistier (en 4ème position) aux élections municipales, je suis élu conseiller municipal d’opposition.

En 1998, je suis élu conseiller régional en 3ème position sur la liste UDF/La Relève conduite par Jean-Paul Virapoullé. Cette élection/promotion est – me semble t-il – la conséquence directe d’un débat télévisé avec Paul Vergès sur RFO en 1997. De l'avis général, je m'en étais bien sorti.

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Elections de 2001

Elu conseiller général le 18 mars 2001 et Maire de Saint-Louis le 25 mars, je démissionne du mandat de conseiller régional permettant notamment à Thierry Sam-Chit-Chong, mon 3ème adjoint, de siéger à la Région.

En 2004, je suis réélu conseiller général dans le 1er canton de Saint-Louis et fût l’un de ceux qui défendirent dès le début la promotion d’une femme à la Présidence. Je suis alors élu 3ème Vice-Président du Conseil général, délégué aux déplacements et Président du groupe U.D.F/La Relève/l’Union Fait La Réunion au Conseil général. J'ai quitté cette dernière fonction en août 2006, pour mieux me consacrer à ma commune et à mes délégations.

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Elus autour de la Présidente du Conseil Général (2004)

Une foi inébranlable en l’Homme !

Très tôt, les jeunes du quartier ont appris de leurs parents à aimer les gens et à vivre comme tout le monde. D’où mon attachement et mon implantation dans les quartiers de Pont-Neuf et de Roches-Maigres. Vie associative et créations de clubs de football inter-quartiers y ont rythmé une jeunesse d’enfant de familles pauvres dans les quartiers pauvres. Même mes vacances scolaires, jusqu'à 12ans, je les passais dans le quartier pauvre "Saint-Ange Doxite - rue de Londres" au Port, chez ma marraine Eliane ! Cette réalité a participé à la construction d’une foi en l’Homme, en ses valeurs, en ce principe que l’objectif n’est pas d’envier les autres mais de travailler pour être meilleur, tout en restant soi-même.

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Conseil de la fraternité

Croire en l’Homme n’est pas indissociable d’une foi en Dieu. J’y crois et je veux montrer sans mélange des genres que l’on peut être un homme politique laïc tout en étant attaché à sa foi et respectueux de toutes les religions. Etre élu à la même date anniversaire de sa fête (le 18 mars) et de son jour de naissance (le 25 mars) ; puis connaître ce que l’on ne connaît qu’une fois par siècle (un anniversaire correspondant au Vendredi-Saint et au jour de l’Ascension le 25 mars 2005), ne peuvent pas être considérés comme des hasards. On se doit d’y voir un signe de Dieu pour ne pas L’oublier, quelle que soit la gloire ou les malheurs. Ce n'est pas pour ces raisons que je peux me permettre de croire en une quelconque bénédiction : il n'y a que le travail qui paye !

Une ville, une vie, un attachement …

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Le Château du Gol (édifice disparu)

Saint-Louis ; le Sud. On y naît, on y vit, on y habite ! Quelle preuve supplémentaire d’amours puis-je donner à nos territoires de vie, de développement ? Nos quartiers « gardiens de nos traditions » ; La Plaine du Gol dans sa dimension géographique « grenier à vivre de la Ville » ; Saint-Louis « Porte du Sud » ; le Sud, des Avirons à Saint-Philippe, « Cœur de La Réunion »… Cette grandeur parfois perdue ou oubliée pour les autres, mon ambition est qu’elle revienne, qu’elle vive et soit reconnue. Je m’investis pour que l’on se sente bien dans sa maison, puis dans son quartier, puis dans sa ville, puis dans sa région, enfin dans son pays. Il faut croire aux forces et à l’intelligence multiple de la population du Sud. La Réunion a besoin du Sud autant que les sudistes se sentent pleinement sudistes, réunionnais et ouverts au monde.

Document complémentaire :
 Arbre genealogique de Cyrille HAMILCARO.pdf

11 août 2006

Le Grand Sud

Je souhaiterais exprimer ce que j’estime être l’avenir pour le Sud. Si notre identité sudiste n’est plus à valoriser, il n’en est pas de même en ce qui concerne notre projet. Quel grand dessein avons-nous pour que le Sud ait un grand destin ?

Il n’est nulle question dans mes propos de critiquer ce qui se fait au Nord, à l’Ouest ou à l’Est de notre Ile. Chaque territoire doit se battre pour être dynamique, en puisant dans ses propres forces, en gommant ses faiblesses et en innovant. Le Sud se doit de ne plus envier, il doit faire envie. Pour ce faire, une révolution politique s’impose. Cette dernière se résume en trois mots : « Le Sud Uni ».

D’abord, en avançant à grand pas, vers une Communauté d’Agglomération unissant la CIVIS et la CCSUD, avec Saint-Pierre comme Ville Centre. Il nous faut créer une grande force politique et administrative, avec des Vice-Présidences spécialisées sur les compétences transférées et une représentation équilibrée des communes au sein d’un Conseil Communautaire renouvelé. La rédaction d’un vrai SCOT dynamique et offensif, permettant de rivaliser avec le Nord, l’Est ou l’Ouest est en cours par un syndicat des dix communes. La concrétisation des orientations est au prix de l’effort de regroupement.

Ensuite, en récupérant la compétence réglementaire totale en matière d’aménagement économique, particulièrement la gestion des infrastructures portuaires et aéroportuaires. Il doit revenir à la Communauté d’Agglomération du Grand Sud d’aménager les Zones d’Activités Économiques en étroite collaboration avec les communes membres. De même, il appartient à la Chambre de Commerce et d’Industrie de La Réunion de gérer l’Aéroport et le futur Quai de Débarquement, en complément (et non en opposition !) du Port de la Pointe des Galets et de  l’Aéroport Roland Garros.

Enfin, en rapprochant (convention de partenariat ou fusion) les deux SEM de logement social du Sud (SEMADER et SODEGIS) afin d’élaborer un schéma de planification de construction de logement et d’amélioration de l’habitat pour les dix communes membres.

Ces orientations fortes permettraient de recruter les énergies et surtout nos participations financières qui ont tendance à se perdre dans une multitude de satellites.

Rompre avec l’existant doit permettre aux villes du Sud de définir leur spécialité pour mieux accueillir et répartir les investissements productifs et créateurs d’emploi.

Avançons ensemble vers l'avenir avec la volonté de changer les choses et de faire jaillir la lumière par la confrontation de nos idées.

Cyrille HAMILCARO.

08 août 2006

Pourquoi un Quai de Débarquement dans le Sud ?

Depuis toujours, on dit que le Sud a besoin d'un rééquilibrage au vu du retard pris dans le développement économique par rapport au Nord et à l'Ouest. Il y a eu, certes, la réalisation de l'Aéroport de Pierrefonds, à partir de l'aérodrome militaire. Idée géniale qui a "boosté" l'intérêt pour le sud mais hélas, l'absence d'une stratégie claire fait qu'on ne distingue pas s'il y a complémentarité ou volonté de concurrence avec l'Aéroport Roland Garros. Et pourtant, la situation sociale et économique du Sud exige que l'on se projette encore plus loin. Comment augmenter les chances de voir baisser le chômage, d'amener plus d'activités pour une population qui augmente plus qu'ailleurs sur notre île?

Dès 2001, j'ai lancé l'idée de la réalisation d'un Quai à Saint-Louis, permettant au Sud d'avoir une infrastructure forte, permettant ce rééquilibrage. Mais avec une stratégie de gestion claire: il faut que la Chambre de Commerce et d'Industrie de La Réunion soit partie prenante du projet, afin que le Quai soit complémentaire, et non pas conccurentiel à Port-Réunion. Cette idée a fait lentement son chemin avec l'aide d'André THIEN-AH-KOON. Après l'accord de principe du Ministre de l'Outre-mer, la totalité des maires du Sud appuient ce projet innovant jusqu'à son inscription dans le projet du Schéma de Cohérence Territorial. Le site de l'embouchure de la rivière Saint-Etienne a été aussi accepté comme lieu d'implantation car cela permettrait de créer une synergie avec l'Aéroport de Pierrefonds, à travers une Grande Zone d'Activités Economiques Micro-régionale incluant l'Aéroport, les Zones d'Activités de Pierrefonds et de Bel-Air et le futur Quai.

Mais qu'est-ce qui justifierait un tel investissement ?

D'abord, Port-Réunion ne pourra pas éternellement s'agrandir vers l'intérieur. Les 50 hectares du Conseil Général à proximité du Port-ouest et de La Possession doivent servir aux entreprises et non pas de réserve pour le jour où le port arrivera à saturation. Les terres d'une île doivent servir à l'habitat, à l'accueil des entreprises et à l'agriculture.

Ensuite, il est nécessaire de sortir d'une conception philosophique étriquée qui est de toujours renforcer "une économie en intra". On crée le maximum d'investissement sur l'île, en ignorant l'augmentation de la population et surtout en lui faisant croire, par des actes et projets coûteux, qu'il faut toujours se tourner vers l'intérieur. Alors qu'il faut développer "une économie en externe" en investissant sur des infrastructures permettant de tourner le regard vers la mer, vers le monde. La reconquête de la mer, pour le transport des passagers et des marchandises mais aussi pour donner aux jeunes l'esprit de conquête, l'envie de prendre la richesse là où elle: dans les pays de la zone, en Europe ou ailleurs.

Il est également indispensable de voir la réalité sociale en face: la proximité/fusion entre la majorité politique qui dirige la Ville du Port et le Syndicat majoritaire sur les Ports et Docks font peser sur La Réunion la menace d'un blocage de l'économie de l'île sur la décision d'une seule personne ou d'un groupe partisan. Ce qu'a vécu Madagascar en avril 2002 lorsque les troupes ratsirakistes ont bloqué le Port de Tamatave est exemplaire: ce sont bien les Ports de Manakara et de Mahajunga, très peu utilisés, qui ont permis à l'économie et au gouvernement nouvellement élu de ne pas sombrer. Il est urgent de casser ce monopole politique qui met une pression parfois insoutenable sur le monde de l'entreprise réunionnaise et qui tient en otage la population.

De plus, imaginons un instant un séisme (peu probable ??) qui casse des ponts entre l'Ouest et le Sud, et qui fasse tomber la falaise du littoral. En même temps, le volcan entre dans une forte éruption et coupe la route nationale entre Saint-Philippe et Sainte-Rose... La vie ne pourrait reprendre ses droits rapidement et l'économie redémarrer que si, et seulement si, un moyen de véhiculer les marchandises existe toujours à partir de Port-Réunion.

Enfin, que dire du gain sur le développement durable que le trafic de voyageurs et de marchandises par mer apporterait ? La mer est une autoroute naturelle qui ne demande qu'à être exploitée afin de réduire les émissions de Co2 par les camions ou les voitures dans les embouteillages. Une baisse de la consommation de carburant serait aussi très intéressante au vu de la cherté du pétrole.

Les entreprises s'installent en fonction des opportunités. Il appartient aux élus de créer l'environnement qui apportent ces opportunités. Environ 60 millions d'euros pour avoir un Quai de Débarquement (viable économiquement pour le cabotage intérieur et régional comme l'indique les rendus de l'étude faisabilité réalisée par SOGREAH à la demande de la Commune de Saint-Louis), c'est dérisoire aujourd'hui par rapport à d'autres projets réunionnais dans d'autres micro-régions. Se battre pour qu'une telle idée devienne une évidence, puis se concrétise, tel est l'objectif que je me suis fixé.

Et s'il s'avèrait que ce projet ne soit pas retenu dans le cadre du Programme d'Orientation Communautaire (Fonds Européens prévus pour la période 2007-2013), il faudra le porter alors dans le cadre d'un projet lors des législatives de 2007, comme cela avait été fait par André THIEN-AH-KOON pour l'Aéroport de Pierrefonds.

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