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23 juin 2006

Pourquoi créer un Complexe de Valorisation Énergétique des Déchets (CVED) dans le Sud ?

Depuis quelques temps, une certaine polémique enfle autour du projet de création d’un Complexe de Valorisation Énergétique des Déchets (CVED) dans le Sud. En ma qualité de Vice-Président de la CIVIS, chargé des déchets, j’aimerais faire part de quelques éléments d’information afin d'aider à mieux comprendre ce projet ambitieux.

L'incinérateur, car de lui dont on parle le plus, est une unité de traitement thermique des déchets non valorisables par une autre technologie ou par le tri. Il brûle notamment les ordures préalablement triées, à l’exception du fer et du verre et traite les fumées rejetées dans le but de réduire au maximum les dioxines et les autres polluants. Les cendres sont ensuite enfouies dans une décharge spéciale (dite de classe 1) ou désactivées par traitement afin d’être utilisées pour la construction des routes.

La construction d’un tel complexe peut être LA solution au traitement des ordures de tous les ménages réunionnais. Aujourd’hui, les ordures sont enfouies dans les centres de la Rivière Saint-Étienne et de Sainte-Suzanne. Mais leur capacité arrive bientôt à saturation alors que la quantité d’ordures ne cesse de croître. De plus, la réglementation européenne interdit depuis le 1er juillet 2002, l’enfouissement des déchets non ultimes, c’est-à-dire ceux qui sont encore valorisables d’un point de vue technique et économique.

Le Centre d’enfouissement de la Rivière Saint-Étienne créé en 1987 occasionne plusieurs gênes aux habitants de Saint-Louis :

- Une vue horrible à l’entrée de Saint-Pierre ou à la sortie de Saint-Louis ;

- Une saturation de la station d’épuration de Saint-Louis qui traite depuis 15 ans le jus des ordures enfouies et qui pollue l’Etang du Gol en période de chaleur ;

- De mauvaises odeurs et le dégagement de gaz pour les habitants du Centre Ville, de la Chapelle et du quartier de l’Etang à Saint-Louis. Le taux d’asthmatiques et de maladies respiratoires y est important ;

- Une prolifération des rats qui traversent la Rivière Saint-Etienne et qui pénètrent parfois dans les maisons et dans la zone industrielle, posant problème aux habitants et aux entreprises de Saint-Louis et de Pierrefonds;

- Un nid naturel de moustiques qui n’a pas été étranger au fait que Saint-Louis, Bois d’Olives et Pierrefonds aient été les plus durement touchés au début de la crise du chikungunya.

Toutes ces raisons font qu’il est aujourd’hui nécessaire de créer un CVED. Il en va de l’intérêt des Sudistes, de la Réunion et de l'image qu'elle doit véhiculer en matière de propreté, touristique et sanitaire .

Les détracteurs de ce projet ont pour principal argument la trop grande pollution découlant de la construction d’une telle usine. Certes, comme toutes les usines de production, le CVED pourrait engendrer de la pollution. C’est pour cela que la loi joue le rôle de garde-fou et fixe des normes à ne pas dépasser. L’incinérateur du Sud, prévu dans le CVED, pourra être techniquement capable de rejeter dans l’air 50 % de moins que ce qui est autorisé par les normes françaises et européennes, qui sont pourtant les plus strictes au monde. Beaucoup d'entreprises fonctionnant actuellement à la Réunion, ne peuvent pas en dire autant. Entend-on demander qu'on les ferme ?

Parmi ces détracteurs, il y a des élus. Pourtant, tous les conseillers généraux, qu’ils soient de droite ou de gauche, ont voté ensemble la création des usines d’incinération des déchets depuis 1996. En outre, cela fait maintenant plus de 3ans (depuis 2003) que la CIVIS travaille sur le projet du CVED, afin d’apporter une réponse efficace au traitement de nos ordures. Un Comité de Pilotage du projet existe sous ma présidence. Il est composé de l’Etat, du Conseil Régional, du Conseil Général, de la C.I.VI.S., de la C.C.Sud, de la T.C.O, des associations de quartier et du temple du Gol, des associations de défense de l’environnement de La Réunion comme l’APN et la SREPEN et des adjoints délégués à l’Environnement des Maires de la C.I.VI.S. Le travail du Comité arrive à sa fin et une décision concernant la réalisation du CVED doit être prise rapidement pour que le projet puisse bénéficier de subventions européennes. Cette décision incombe aux réunionnais seuls. Pas à l'Etat.

La question de l’élimination des déchets ménagers est un projet majeur engageant non seulement les générations actuelles mais aussi les générations futures. Ne laissons pas certains élus l’utiliser comme cheval de bataille à l’aube des échéances législatives et municipales ! Aussi, soyons courageux de décider maintenant. La construction du CVED ne pouvant pas, par ailleurs, être entreprise avant 2008.